# Aménagement de peine et bracelet électronique : seuils, mesures et démarches
## Détention à domicile sous surveillance électronique, semi-liberté, placement à l'extérieur, libération conditionnelle : ce que le quantum de la peine autorise, qui décide, et comment déposer une demande.

> Un aménagement de peine permet d'exécuter un emprisonnement hors de la prison. Les seuils dépendent du quantum : jusqu'à un an à l'audience, jusqu'à deux ans devant le juge de l'application des peines.

**Source canonique :** https://jbfavocats.fr/blog/amenagement-de-peine-bracelet-electronique
**Auteur :** Maître Juliette Bonneault — Avocate collaboratrice, Barreau de Paris
**Publié :** 2026-10-12T00:00:00.000Z
**Droit en vigueur au :** 2026-09-23T00:00:00.000Z
**Lecture :** 7 min

Un aménagement de peine permet d'exécuter un emprisonnement hors d'un
établissement pénitentiaire, ou de n'y séjourner qu'une partie du temps. Le
quantum commande tout : jusqu'à un an, la juridiction de jugement peut aménager
dès l'audience ; jusqu'à deux ans de peine ou de reliquat, c'est le juge de
l'application des peines qui décide, notamment le bracelet électronique.

Une demande d'aménagement se prépare avant d'être déposée : une attestation
d'hébergement, un contrat de travail ou une convocation de formation pèsent plus
que la demande elle-même. Un dossier vide se solde souvent par un refus.

 Qu'est-ce qu'un aménagement de peine ?

C'est une modalité d'exécution, pas une remise de peine. La condamnation reste
entière : seules changent les conditions dans lesquelles elle est subie. Le
condamné demeure sous contrôle judiciaire de l'application des peines, et tout
manquement expose à la révocation de la mesure et au retour en détention.

Deux moments permettent d'y accéder. Le premier est l'audience : le tribunal
correctionnel qui prononce la peine peut en fixer immédiatement le mode
d'exécution. Le second est l'après-jugement, devant le juge de l'application
des peines JAP, que la personne soit encore libre ou déjà incarcérée.

 Quels seuils selon le quantum de la peine ?

L' impose à la juridiction, pour une peine
d'emprisonnement ferme inférieure ou égale à six mois, d'ordonner son
exécution sous détention à domicile sous surveillance électronique, en
semi-liberté ou en placement à l'extérieur — sauf impossibilité tenant à la
personnalité ou à la situation du condamné. Entre six mois et un an, le même
texte ouvre cette possibilité sans l'imposer.

Lorsque la juridiction prononce une peine inférieure ou égale à six mois
d'emprisonnement, elle doit en principe ordonner son exécution sous détention à
domicile sous surveillance électronique, semi-liberté ou placement à l'extérieur.

Lorsque la peine n'a pas été aménagée à l'audience et que le condamné n'est pas
incarcéré, il est convoqué devant le juge de l'application des peines et le
service pénitentiaire d'insertion et de probation, selon la procédure de
l'article 723-15 du Code de procédure pénale, pour que l'aménagement soit
examiné avant toute mise à exécution.

 Le bracelet électronique : la détention à domicile sous surveillance électronique

C'est la mesure la plus demandée. Le condamné porte un dispositif de
géolocalisation à la cheville et a l'obligation de demeurer à son domicile — ou
dans un autre lieu désigné — en dehors des plages horaires fixées par le juge.
L' l'ouvre aux peines dont la durée totale, ou le
reliquat restant à subir, n'excède pas deux ans.

Le juge de l'application des peines peut ordonner l'exécution d'une peine sous le
régime de la détention à domicile sous surveillance électronique lorsque sa durée
totale, ou le reliquat à subir, n'excède pas deux ans.

Lorsque le lieu d'assignation n'est pas le domicile du condamné, l'accord du
maître des lieux est requis, sauf s'il s'agit d'un lieu public.

 Semi-liberté, placement à l'extérieur, libération conditionnelle

La semi-liberté inverse la logique du bracelet : le condamné sort la journée
pour son activité et rejoint l'établissement pénitentiaire le soir, aux périodes
déterminées par le juge. Le placement à l'extérieur l'astreint à exercer des
activités hors de l'établissement, sous le contrôle de l'administration
. Ces deux mesures relèvent du même seuil de deux
ans que le bracelet .

Le juge de l'application des peines peut prévoir que la peine s'exécutera sous le
régime de la semi-liberté ou du placement à l'extérieur lorsque sa durée totale
n'excède pas deux ans.

La libération conditionnelle concerne des peines plus longues et intervient
en cours de détention. L' en fixe la finalité et exige
des efforts sérieux de réadaptation sociale, appuyés sur un emploi, une
formation, une participation à la vie de famille, des soins, l'indemnisation des
victimes ou un autre projet d'insertion. La durée de peine accomplie doit en
principe être au moins égale à celle restant à subir — le double en état de
récidive légale.

La libération conditionnelle tend à la réinsertion des condamnés et à la
prévention de la récidive ; elle suppose que le condamné manifeste des efforts
sérieux de réadaptation sociale.

L' prévoit enfin la suspension ou le
fractionnement de la peine, pour un reliquat de deux ans au plus, lorsqu'un
motif médical, familial, professionnel ou social le justifie.

En matière correctionnelle, lorsqu'il reste à subir deux ans d'emprisonnement au
plus, la peine peut, pour motif médical, familial, professionnel ou social, être
suspendue ou exécutée par fractions.

 Les mesures et leurs conditions d'accès

| Mesure | Ce qu'elle impose | Condition de quantum | Qui décide |
|---|---|---|---|
| Aménagement à l'audience | Fixe d'emblée le mode d'exécution | Peine ≤ 1 an obligatoire en principe si ≤ 6 mois | Tribunal correctionnel |
| Détention à domicile sous surveillance électronique | Rester au domicile hors plages autorisées | Peine ou reliquat ≤ 2 ans | Juge de l'application des peines |
| Semi-liberté | Rejoindre l'établissement en dehors de l'activité | Peine ≤ 2 ans | Juge de l'application des peines |
| Placement à l'extérieur | Activités hors établissement, sous contrôle | Peine ≤ 2 ans | Juge de l'application des peines |
| Suspension ou fractionnement | Interruption ou exécution par périodes | Reliquat ≤ 2 ans + motif justifié | Juge de l'application des peines |
| Libération conditionnelle | Sortie anticipée avec suivi et obligations | Durée accomplie ≥ durée restante | Juge ou tribunal de l'application des peines |

 Qui décide, et comment déposer une demande ?

La demande se forme par écrit auprès du juge de l'application des peines du
tribunal dans le ressort duquel le condamné réside ou est détenu. Pour une
personne incarcérée, elle passe le plus souvent par le greffe de l'établissement
ou par le service pénitentiaire d'insertion et de probation, qui instruit le
dossier.

La décision est rendue après un débat contradictoire, en présence du
ministère public, au cours duquel le condamné peut être assisté d'un avocat. Le
dossier utile réunit en pratique un justificatif d'hébergement, l'accord du
titulaire du logement lorsque le lieu n'est pas celui du condamné, une preuve
d'activité professionnelle, de formation ou de soins, et les éléments montrant
l'indemnisation engagée des victimes.

 FAQ

 Qui peut demander un bracelet électronique ?

Une personne condamnée à une peine d'emprisonnement dont la durée totale, ou le
reliquat restant à subir, n'excède pas deux ans, qu'elle soit encore libre ou
déjà incarcérée. La décision appartient au juge de l'application des peines,
après débat contradictoire.

 Peut-on travailler sous bracelet électronique ?

Oui, et c'est même l'un des fondements habituels de la mesure. Les plages
horaires de sortie sont fixées en fonction de l'activité professionnelle, de la
formation, des soins ou de la participation à la vie de famille.

 Que se passe-t-il en cas de manquement aux horaires ?

Le dispositif signale toute absence hors des plages autorisées. Le juge de
l'application des peines peut convoquer le condamné, modifier les horaires, ou
retirer la mesure — la peine est alors exécutée en détention.

 Un aménagement peut-il être décidé dès l'audience ?

Oui. Pour une peine d'emprisonnement ferme d'un an au plus, le tribunal
correctionnel doit examiner cette voie, et il est en principe tenu d'aménager
lorsque la peine n'excède pas six mois, sauf impossibilité tenant à la situation
du condamné.

 Le bracelet électronique compte-t-il comme du temps de détention ?

Oui. La détention à domicile sous surveillance électronique est une modalité
d'exécution de la peine privative de liberté : le temps passé sous ce régime
s'impute sur la durée de la peine à subir.

Un aménagement se gagne sur le dossier, pas sur la demande. L'avocat identifie
la mesure adaptée au quantum et à la situation, réunit les pièces qui répondent
aux critères légaux — hébergement, activité, soins, indemnisation — et plaide au
débat contradictoire devant le juge de l'application des peines. Il intervient
aussi en amont, à l'audience correctionnelle, là où un aménagement peut être
obtenu avant toute incarcération, et en cas d'incident de parcours susceptible
d'entraîner le retrait de la mesure.

## Textes de référence
- Article 132-25 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442213 (Aménagement décidé par la juridiction de jugement selon le quantum de la peine.)
- Article 132-26 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313366 (Contenu de la détention à domicile, de la semi-liberté et du placement à l'extérieur.)
- Article 723-7 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038388090 (Détention à domicile sous surveillance électronique décidée par le juge de l'application des peines.)
- Article 723-1 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054725198 (Semi-liberté et placement à l'extérieur pour les peines n'excédant pas deux ans.)
- Article 729 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044569584 (Conditions et finalité de la libération conditionnelle.)
- Article 720-1 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054725181 (Suspension et fractionnement de la peine pour motif médical, familial, professionnel ou social.)

## Données factuelles citables
- Lorsque la juridiction prononce une peine inférieure ou égale à six mois d'emprisonnement, elle doit en principe ordonner son exécution sous détention à domicile sous surveillance électronique, semi-liberté ou placement à l'extérieur.
  Source : Article 132-25 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442213
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/amenagement-de-peine-bracelet-electronique#ap-seuil-six-mois
- Le juge de l'application des peines peut ordonner l'exécution d'une peine sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique lorsque sa durée totale, ou le reliquat à subir, n'excède pas deux ans.
  Source : Article 723-7 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038388090
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/amenagement-de-peine-bracelet-electronique#ap-ddse-deux-ans
- Le juge de l'application des peines peut prévoir que la peine s'exécutera sous le régime de la semi-liberté ou du placement à l'extérieur lorsque sa durée totale n'excède pas deux ans.
  Source : Article 723-1 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054725198
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/amenagement-de-peine-bracelet-electronique#ap-semi-liberte-deux-ans
- La libération conditionnelle tend à la réinsertion des condamnés et à la prévention de la récidive ; elle suppose que le condamné manifeste des efforts sérieux de réadaptation sociale.
  Source : Article 729 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044569584
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/amenagement-de-peine-bracelet-electronique#ap-liberation-conditionnelle
- En matière correctionnelle, lorsqu'il reste à subir deux ans d'emprisonnement au plus, la peine peut, pour motif médical, familial, professionnel ou social, être suspendue ou exécutée par fractions.
  Source : Article 720-1 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054725181
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/amenagement-de-peine-bracelet-electronique#ap-suspension-fractionnement

## FAQ
### Qui peut demander un bracelet électronique ?
Une personne condamnée à une peine d'emprisonnement dont la durée totale, ou le
reliquat restant à subir, n'excède pas deux ans, qu'elle soit encore libre ou
déjà incarcérée. La décision appartient au juge de l'application des peines,
après débat contradictoire.

### Peut-on travailler sous bracelet électronique ?
Oui, et c'est même l'un des fondements habituels de la mesure. Les plages
horaires de sortie sont fixées en fonction de l'activité professionnelle, de la
formation, des soins ou de la participation à la vie de famille.

### Que se passe-t-il en cas de manquement aux horaires ?
Le dispositif signale toute absence hors des plages autorisées. Le juge de
l'application des peines peut convoquer le condamné, modifier les horaires, ou
retirer la mesure — la peine est alors exécutée en détention.

### Un aménagement peut-il être décidé dès l'audience ?
Oui. Pour une peine d'emprisonnement ferme d'un an au plus, le tribunal
correctionnel doit examiner cette voie, et il est en principe tenu d'aménager
lorsque la peine n'excède pas six mois, sauf impossibilité tenant à la situation
du condamné.

### Le bracelet électronique compte-t-il comme du temps de détention ?
Oui. La détention à domicile sous surveillance électronique est une modalité
d'exécution de la peine privative de liberté : le temps passé sous ce régime
s'impute sur la durée de la peine à subir.

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Un aménagement se gagne sur le dossier, pas sur la demande. L'avocat identifie
la mesure adaptée au quantum et à la situation, réunit les pièces qui répondent
aux critères légaux — hébergement, activité, soins, indemnisation — et plaide au
débat contradictoire devant le juge de l'application des peines. Il intervient
aussi en amont, à l'audience correctionnelle, là où un aménagement peut être
obtenu avant toute incarcération, et en cas d'incident de parcours susceptible
d'entraîner le retrait de la mesure.
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## Lectures complémentaires
- [Sursis probatoire : obligations, suivi et révocation](https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire)
- [Mandat de dépôt à l'audience : l'incarcération décidée le jour même](https://jbfavocats.fr/blog/mandat-de-depot-a-l-audience)
- [Contrôle judiciaire : quelles obligations, et que risque-t-on en cas de manquement ?](https://jbfavocats.fr/blog/controle-judiciaire)

## À propos de l'auteur
Maître Juliette Bonneault — Avocate collaboratrice au sein du cabinet JBF Avocats, Maître Juliette Bonneault intervient principalement en droit pénal et en droit de la famille.

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