# Cyberharcèlement et raid numérique : qualifications, preuves et peines
## Ce que la loi punit derrière le mot « cyberharcèlement », comment un raid collectif engage chacun de ses participants, et quelles traces conserver avant qu'elles ne disparaissent.

> Le harcèlement commis en ligne est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Lors d'un raid numérique, chaque participant peut être poursuivi, même s'il n'a écrit qu'une seule fois.

**Source canonique :** https://jbfavocats.fr/blog/cyberharcelement-raid-numerique
**Auteur :** Maître Julien Bensadoun — Avocat associé — fondateur, Barreau de Paris
**Publié :** 2026-09-09T00:00:00.000Z
**Droit en vigueur au :** 2026-09-23T00:00:00.000Z
**Lecture :** 7 min

Le cyberharcèlement est le fait de harceler une personne par des propos ou des
comportements répétés qui dégradent ses conditions de vie. Commis sur un réseau
social, une messagerie ou un forum, il est puni de deux ans d'emprisonnement et
30 000 euros d'amende. Lors d'un raid numérique, chaque participant peut être
poursuivi, même s'il n'a écrit qu'une seule fois.

Les contenus en ligne disparaissent vite : comptes supprimés, messages effacés,
stories expirées. Avant tout signalement, capturez et horodatez ce que vous
voyez. Une preuve perdue ne se reconstitue presque jamais.

 Que punit exactement la loi quand on parle de cyberharcèlement ?

Le mot n'existe pas comme tel dans le Code pénal. Ce qui est réprimé, c'est le
harcèlement moral défini par l' : des propos
ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des
conditions de vie de la victime, se traduisant par une altération de sa santé
physique ou mentale.

Trois éléments doivent donc être réunis : la répétition, l'atteinte aux
conditions de vie, et le retentissement sur la santé. Un message unique, aussi
blessant soit-il, relève d'une autre qualification — injure, diffamation,
menace — mais pas du harcèlement.

Le fait que les faits aient été commis « par l'utilisation d'un service de
communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou
électronique » constitue une circonstance aggravante.

Le harcèlement par propos ou comportements répétés est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende lorsqu'il est commis par
l'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais
d'un support numérique ou électronique.

D'autres circonstances aggravent également la peine : incapacité totale de
travail supérieure à huit jours, victime mineure, particulière vulnérabilité
apparente ou connue, victime titulaire d'un mandat électif, ou présence d'un
mineur qui assiste aux faits. Lorsque deux de ces circonstances sont
réunies, la peine passe à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

 Raid numérique : et si chacun n'a envoyé qu'un seul message ?

C'est la difficulté propre aux attaques collectives : pris isolément, aucun
participant n'a « répété » quoi que ce soit. La loi répond à cette objection par
deux hypothèses expresses.

La première vise l'action concertée : plusieurs personnes s'entendent, ou
agissent à l'instigation de l'une d'elles, pour viser la même cible.

L'infraction est constituée lorsque ces propos ou comportements sont imposés à
une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à
l'instigation de l'une d'elles, alors même que chacune de ces personnes n'a pas
agi de façon répétée.

La seconde, plus large, vise le déferlement spontané : chacun sait, en
publiant, qu'il s'ajoute à une vague déjà en cours.

L'infraction est également constituée lorsque ces propos ou comportements sont
imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en
l'absence de concertation, savent qu'ils caractérisent une répétition.

Pour la personne mise en cause, la discussion se déplace alors sur un terrain
précis : savait-elle, au moment de publier, que son message venait s'ajouter à
une série ? Le contexte du fil, l'ancienneté de la polémique et le contenu même
du message pèsent dans cette appréciation.

 Quelles autres infractions peuvent s'ajouter ?

Un même épisode en ligne combine souvent plusieurs qualifications, qui se
cumulent et alourdissent les peines encourues.

| Ce qui s'est passé | Qualification possible | Peine encourue |
|---|---|---|
| Propos ou comportements répétés dégradant les conditions de vie | Harcèlement aggravé par le support numérique — art. 222-33-2-2 CP | 2 ans et 30 000 € |
| Diffusion sans accord d'images ou de paroles à caractère sexuel | Atteinte à l'intimité de la vie privée — art. 226-2-1 CP | 2 ans et 60 000 € |
| Menace de commettre un crime ou un délit, réitérée ou écrite | Menace — art. 222-17 CP | 6 mois et 7 500 € |
| Menace de mort | Menace de mort — art. 222-17 CP | 3 ans et 45 000 € |
| Faux compte, usage du nom, de la photo ou des données d'un tiers | Usurpation d'identité — art. 226-4-1 CP | 1 an et 15 000 € |

L' couvre le faux profil créé pour nuire, mais
aussi l'usage de données identifiantes — nom, photo, adresse, numéro de
téléphone — destiné à troubler la tranquillité de la personne ou à l'exposer.

Usurper l'identité d'un tiers ou faire usage de données permettant de
l'identifier, en vue de troubler sa tranquillité ou de porter atteinte à son
honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000
euros d'amende.

La diffusion d'images intimes suit un régime distinct : l'
punit le fait de rendre publique, sans accord, une image à caractère sexuel —
même lorsqu'elle avait été prise avec le consentement de la personne, ou par elle-même.

Porter à la connaissance du public ou d'un tiers, sans l'accord de la personne,
un enregistrement ou un document portant sur des paroles ou des images
présentant un caractère sexuel est puni de deux ans d'emprisonnement et de
60 000 euros d'amende.

 Comment constituer la preuve d'un harcèlement en ligne ?

La plainte se juge sur pièces. Quelques réflexes changent tout :

- Capturer l'écran entier, pas seulement le message : identifiant de
  l'auteur, date, heure, fil de discussion, URL visible.
- Noter l'URL exacte de chaque publication et, quand la plateforme l'affiche,
  l'identifiant numérique du compte — il survit au changement de pseudonyme.
- Conserver les originaux : ne pas recadrer, ne pas recompresser, garder les
  fichiers bruts et les e-mails de notification de la plateforme.
- Tenir un relevé daté des faits, dans l'ordre chronologique. C'est ce
  document qui démontre la répétition.
- Documenter le retentissement : arrêt de travail, certificat médical, suivi
  psychologique. L'altération de la santé est un élément de l'infraction, pas un
  simple dommage.
- Pour un contenu particulièrement volatil, un constat d'huissier commissaire
  de justice fige la page à une date certaine.

Signaler un contenu à la plateforme permet d'en obtenir le retrait, mais ne vaut
pas plainte et ne conserve pas la preuve : faites vos captures avant de
signaler.

 Où signaler et comment porter plainte ?

Trois voies coexistent et peuvent se cumuler. Le signalement des contenus
illicites s'effectue auprès de la plateforme PHAROS, via le service officiel
de signalement en ligne du ministère de l'Intérieur. Le 3018 est le numéro
national d'aide aux victimes de violences numériques, accessible aux mineurs
comme aux majeurs. La plainte pénale, enfin, se dépose dans n'importe quel
commissariat ou brigade de gendarmerie, ou par courrier au procureur de la
République.

Le dépôt de plainte ne peut pas être refusé. Demandez systématiquement le
récépissé et, si vous le pouvez, joignez votre relevé chronologique et vos
captures sur support numérique dès le dépôt.

 FAQ

 Un seul message insultant peut-il constituer un cyberharcèlement ?

Non. Le harcèlement suppose des propos ou comportements répétés article
222-33-2-2 du Code pénal. Un message isolé peut en revanche relever de l'injure,
de la diffamation, de la menace ou de l'atteinte à la vie privée, qui obéissent à
leurs propres règles et à leurs propres délais.

 Peut-on être poursuivi pour un seul message dans un raid ?

Oui, c'est précisément ce que prévoit l'article 222-33-2-2 du Code pénal, soit
lorsque plusieurs personnes agissent de manière concertée, soit lorsqu'elles
interviennent successivement en sachant que leurs messages s'ajoutent à une
répétition déjà engagée.

 Que risque un auteur de cyberharcèlement ?

Deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende lorsque les faits ont été
commis par un support numérique, et trois ans et 45 000 euros lorsque deux
circonstances aggravantes sont réunies. D'autres qualifications — menace,
usurpation d'identité, diffusion d'images — peuvent s'ajouter.

 Comment faire retirer les contenus qui me visent ?

Le signalement à la plateforme est la voie la plus rapide, et il peut être doublé
d'un signalement à PHAROS. Le juge civil peut par ailleurs être saisi en référé
pour ordonner le retrait. Pensez à conserver vos captures avant toute démarche de
suppression.

 Mon enfant est harcelé par des camarades sur les réseaux : que faire ?

Le harcèlement commis sur un mineur est une circonstance aggravante. Au-delà du
signalement à l'établissement scolaire et au 3018, une plainte peut être déposée
par le représentant légal, en documentant les faits et leur retentissement sur la
santé de l'enfant.

Un avocat intervient utilement à deux moments. Du côté de la victime, pour
qualifier correctement les faits, structurer le dossier de preuves avant qu'il ne
se dégrade, et demander réparation devant la juridiction pénale. Du côté de la
personne mise en cause, pour discuter les éléments constitutifs — la répétition,
la connaissance de la vague en cours, le retentissement allégué — souvent avant
même la première audition. Dans les deux cas, plus la saisine est précoce, plus
la marge d'action est large.

## Textes de référence
- Article 222-33-2-2 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312743 (Harcèlement par propos ou comportements répétés, aggravation numérique et raid collectif.)
- Article 226-4-1 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042193593 (Usurpation d'identité et usage de données identifiantes, y compris en ligne.)
- Article 226-2-1 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033207318 (Diffusion sans accord de paroles ou d'images à caractère sexuel.)
- Article 222-17 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417660 (Menace réitérée ou matérialisée par un écrit ; menace de mort.)

## Données factuelles citables
- Le harcèlement par propos ou comportements répétés est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende lorsqu'il est commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou électronique.
  Source : Article 222-33-2-2 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312743
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/cyberharcelement-raid-numerique#cyberharcelement-peine-en-ligne
- L'infraction est constituée lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l'instigation de l'une d'elles, alors même que chacune de ces personnes n'a pas agi de façon répétée.
  Source : Article 222-33-2-2 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312743
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/cyberharcelement-raid-numerique#cyberharcelement-raid-concerte
- L'infraction est également constituée lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en l'absence de concertation, savent qu'ils caractérisent une répétition.
  Source : Article 222-33-2-2 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049312743
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/cyberharcelement-raid-numerique#cyberharcelement-raid-successif
- Usurper l'identité d'un tiers ou faire usage de données permettant de l'identifier, en vue de troubler sa tranquillité ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
  Source : Article 226-4-1 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042193593
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/cyberharcelement-raid-numerique#cyberharcelement-usurpation-identite
- Porter à la connaissance du public ou d'un tiers, sans l'accord de la personne, un enregistrement ou un document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel est puni de deux ans d'emprisonnement et de 60 000 euros d'amende.
  Source : Article 226-2-1 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033207318
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/cyberharcelement-raid-numerique#cyberharcelement-images-sexuelles

## FAQ
### Un seul message insultant peut-il constituer un cyberharcèlement ?
Non. Le harcèlement suppose des propos ou comportements répétés (article
222-33-2-2 du Code pénal). Un message isolé peut en revanche relever de l'injure,
de la diffamation, de la menace ou de l'atteinte à la vie privée, qui obéissent à
leurs propres règles et à leurs propres délais.

### Peut-on être poursuivi pour un seul message dans un raid ?
Oui, c'est précisément ce que prévoit l'article 222-33-2-2 du Code pénal, soit
lorsque plusieurs personnes agissent de manière concertée, soit lorsqu'elles
interviennent successivement en sachant que leurs messages s'ajoutent à une
répétition déjà engagée.

### Que risque un auteur de cyberharcèlement ?
Deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende lorsque les faits ont été
commis par un support numérique, et trois ans et 45 000 euros lorsque deux
circonstances aggravantes sont réunies. D'autres qualifications — menace,
usurpation d'identité, diffusion d'images — peuvent s'ajouter.

### Comment faire retirer les contenus qui me visent ?
Le signalement à la plateforme est la voie la plus rapide, et il peut être doublé
d'un signalement à PHAROS. Le juge civil peut par ailleurs être saisi en référé
pour ordonner le retrait. Pensez à conserver vos captures avant toute démarche de
suppression.

### Mon enfant est harcelé par des camarades sur les réseaux : que faire ?
Le harcèlement commis sur un mineur est une circonstance aggravante. Au-delà du
signalement à l'établissement scolaire et au 3018, une plainte peut être déposée
par le représentant légal, en documentant les faits et leur retentissement sur la
santé de l'enfant.

<WhenToLawyer>
Un avocat intervient utilement à deux moments. Du côté de la victime, pour
qualifier correctement les faits, structurer le dossier de preuves avant qu'il ne
se dégrade, et demander réparation devant la juridiction pénale. Du côté de la
personne mise en cause, pour discuter les éléments constitutifs — la répétition,
la connaissance de la vague en cours, le retentissement allégué — souvent avant
même la première audition. Dans les deux cas, plus la saisine est précoce, plus
la marge d'action est large.
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## Lectures complémentaires
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## À propos de l'auteur
Maître Julien Bensadoun — Avocat associé fondateur du cabinet JBF Avocats, Maître Julien Bensadoun intervient en droit pénal et en droit de la famille.

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