# Le rappel à la loi n'existe plus : l'avertissement pénal probatoire
## Ce qui a changé depuis le 1er janvier 2023, ce que la nouvelle mesure suppose de votre part, ce qu'il en reste sur vos papiers, et comment se passe la convocation devant le délégué du procureur.

> Le rappel à la loi a été supprimé. Depuis le 1er janvier 2023, l'avertissement pénal probatoire le remplace : il suppose la reconnaissance des faits et ouvre un délai de deux ans.

**Source canonique :** https://jbfavocats.fr/blog/rappel-a-la-loi-avertissement-penal-probatoire
**Auteur :** Maître David Fridman — Avocat associé — fondateur, Barreau de Paris
**Publié :** 2026-09-28T00:00:00.000Z
**Droit en vigueur au :** 2026-09-23T00:00:00.000Z
**Lecture :** 6 min

Le rappel à la loi a été supprimé. Depuis le 1er janvier 2023, la mesure qui
lui succède s'appelle l'avertissement pénal probatoire. Elle n'est plus
délivrée par un policier mais par le procureur ou son délégué, suppose que vous
ayez reconnu les faits, et ouvre un délai de deux ans pendant lequel une
nouvelle infraction rouvre le dossier.

Recevoir une convocation pour un avertissement pénal probatoire n'est pas une
condamnation : c'est une alternative aux poursuites. Mais accepter suppose de
reconnaître sa culpabilité — une décision qui se pèse avant de se présenter,
pas sur place.

 Pourquoi le rappel à la loi a-t-il disparu ?

Le rappel à la loi souffrait de deux reproches convergents : il pouvait être
délivré par un officier de police judiciaire, sans magistrat, et il ne supposait
aucune reconnaissance des faits. Une même mesure servait ainsi à solder des
dossiers très différents, sans effet dissuasif mesurable.

La loi pour la confiance dans l'institution judiciaire l'a donc supprimé et
remplacé par l'avertissement pénal probatoire, entré en vigueur le 1er janvier
2023.

L'avertissement pénal probatoire a remplacé le rappel à la loi à compter du
1er janvier 2023, en application de la loi pour la confiance dans l'institution
judiciaire.

 Qu'est-ce qu'un avertissement pénal probatoire, exactement ?

C'est l'une des mesures alternatives aux poursuites que le procureur peut
décider avant de se prononcer sur l'action publique
. Le procureur ne vous juge pas : il constate que
l'infraction est établie, que vous la reconnaissez, et choisit d'y répondre sans
saisir un tribunal.

Le texte est précis sur son contenu : l'avertissement rappelle les obligations
résultant de la loi ou du règlement ainsi que les peines encourues, et indique
que la décision est revue si une nouvelle infraction est commise dans le
délai .

L'avertissement pénal probatoire est adressé à l'auteur qui a reconnu sa
culpabilité et lui indique que cette décision est revue en cas de nouvelle
infraction dans un délai de deux ans, ramené à un an en matière
contraventionnelle.

 Qui peut le prononcer, et dans quels cas est-il exclu ?

L'avertissement ne peut être adressé que par le procureur de la République ou
son délégué. C'est le premier changement tangible par rapport au rappel à la
loi : la police n'est plus compétente.

L'avertissement pénal probatoire ne peut être adressé que par le procureur de la
République ou son délégué.

Le texte écarte plusieurs situations. L'avertissement ne peut pas viser une
personne déjà condamnée. Il est exclu pour les délits de violences contre
les personnes et pour les délits commis contre une personne dépositaire de
l'autorité publique ou investie d'un mandat électif public. Enfin, lorsqu'une
victime a subi un préjudice, la mesure suppose que ce préjudice ait été réparé,
ou qu'une mesure de réparation soit mise en œuvre.

 Comment se passe la convocation devant le délégué du procureur ?

La convocation arrive par courrier, parfois remise en fin de garde à vue. Elle
indique une date, un lieu — souvent le tribunal judiciaire ou une maison de
justice et du droit — et les faits reprochés.

Devant le délégué du procureur, l'entretien est court et solennel. Les faits
vous sont rappelés, vous êtes invité à les reconnaître, la loi et les peines
encourues vous sont exposées, et un procès-verbal est signé. La mesure peut être
assortie d'obligations complémentaires : un stage de sensibilisation, une
interdiction de paraître dans certains lieux, une interdiction d'entrer en
contact avec certaines personnes.

Vous pouvez vous présenter assisté d'un avocat. C'est utile quand vous
contestez tout ou partie des faits : reconnaître sa culpabilité devant le
délégué n'est pas un geste neutre, et refuser conduit le procureur à
reconsidérer sa décision, éventuellement vers des poursuites.

 Qu'est-ce qui en reste sur vos papiers ?

L'avertissement pénal probatoire n'est pas une condamnation. Il ne figure
donc pas au casier judiciaire, et n'apparaît sur aucun des bulletins n° 1, n° 2
ou n° 3. C'est la différence la plus directe avec une composition pénale
exécutée, qui, elle, s'inscrit au bulletin n° 1.

Les compositions pénales exécutées sont inscrites au bulletin n° 1 du casier
judiciaire.

En revanche, la procédure d'enquête qui a conduit à l'avertissement alimente le
traitement d'antécédents judiciaires , le
fichier tenu par la police et la gendarmerie. Ce fichier n'est pas le casier :
il n'est pas consulté par un employeur privé, mais il l'est lors de certaines
enquêtes administratives — agrément, port d'arme, emplois de sécurité,
naturalisation. Une demande d'effacement reste possible auprès du procureur.

 Avertissement, composition pénale, classement : le tableau

| | Avertissement pénal probatoire | Composition pénale | Classement sans suite simple |
|---|---|---|---|
| Qui décide | procureur ou son délégué | procureur, validée par un juge | procureur seul |
| Reconnaissance des faits | exigée | exigée | sans objet |
| Contenu | rappel solennel de la loi, obligations possibles | amende, stage, travail non rémunéré, autres mesures | aucune mesure |
| Casier judiciaire | rien | bulletin n° 1 une fois exécutée | rien |
| Action publique | éteinte, sauf nouvelle infraction dans le délai | éteinte après exécution | peut être reprise |
| Refus possible | oui, le procureur réexamine sa décision | oui, retour vers des poursuites | sans objet |

La composition pénale et le classement sous condition obéissent à des logiques
différentes, avec des enjeux propres de casier et de refus : nous les
détaillons dans notre décryptage du
courrier du procureur/blog/composition-penale-classement.

 FAQ

 Le rappel à la loi existe-t-il encore ?

Non. Il a été supprimé et remplacé, depuis le 1er janvier 2023, par
l'avertissement pénal probatoire. Un rappel à la loi notifié avant cette date
reste dans les archives de la procédure, mais la mesure ne peut plus être
prononcée aujourd'hui.

 L'avertissement pénal probatoire apparaît-il sur mon casier judiciaire ?

Non, ce n'est pas une condamnation : il ne figure sur aucun bulletin du casier
judiciaire. Les faits restent en revanche enregistrés dans le traitement
d'antécédents judiciaires tenu par la police et la gendarmerie, consultable lors
de certaines enquêtes administratives.

 Puis-je refuser un avertissement pénal probatoire ?

Oui. La mesure suppose que vous reconnaissiez votre culpabilité ; vous n'y êtes
pas tenu. Le procureur reprend alors la main sur l'orientation du dossier, ce
qui peut conduire à des poursuites devant le tribunal. Ce choix mérite d'être
discuté avec un avocat avant la convocation.

 Que se passe-t-il si je commets une nouvelle infraction dans les deux ans ?

L'avertissement précise que la décision est revue en cas de nouvelle infraction
dans ce délai, ramené à un an en matière contraventionnelle. Le procureur peut
alors reprendre le dossier initial et engager des poursuites sur les premiers
faits, en plus de ceux qui viennent d'être commis.

 Puis-je venir avec un avocat devant le délégué du procureur ?

Oui, vous pouvez être assisté. C'est particulièrement indiqué lorsque vous
contestez une partie des faits, lorsque la qualification retenue vous paraît
excessive, ou lorsqu'une victime réclame une indemnisation dont le montant est
discuté.

Le point sensible n'est pas la convocation, c'est la reconnaissance de
culpabilité qu'elle suppose. Un avocat vérifie ce que dit réellement la
procédure, mesure ce que la qualification retenue emporte au-delà du pénal
assurance, employeur, titre de séjour, agrément, et vous aide à choisir entre
accepter la mesure et laisser le dossier suivre son cours. Cet examen se fait
avant le rendez-vous, pas après la signature du procès-verbal.

## Textes de référence
- Article 40-1 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033611483 (Les trois voies ouvertes au procureur — poursuivre, mesure alternative, classement.)
- Article 41-1 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047244643 (Avertissement pénal probatoire et autres mesures alternatives aux poursuites.)
- Article 41-2 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442054 (Composition pénale — mesures proposées et inscription au bulletin n° 1.)
- Article 230-6 du Code de procédure pénale — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023709611 (Traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) alimenté par les procédures d'enquête.)

## Données factuelles citables
- L'avertissement pénal probatoire a remplacé le rappel à la loi à compter du 1er janvier 2023, en application de la loi pour la confiance dans l'institution judiciaire.
  Source : Ministère de la justice — L'avertissement pénal probatoire remplace le rappel à la loi — https://www.justice.gouv.fr/actualites/espace-presse/lavertissement-penal-probatoire-remplace-rappel-loi
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/rappel-a-la-loi-avertissement-penal-probatoire#app-remplacement
- L'avertissement pénal probatoire est adressé à l'auteur qui a reconnu sa culpabilité et lui indique que cette décision est revue en cas de nouvelle infraction dans un délai de deux ans, ramené à un an en matière contraventionnelle.
  Source : Article 41-1 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047244643
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/rappel-a-la-loi-avertissement-penal-probatoire#app-reconnaissance-delai
- L'avertissement pénal probatoire ne peut être adressé que par le procureur de la République ou son délégué.
  Source : Article 41-1 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047244643
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/rappel-a-la-loi-avertissement-penal-probatoire#app-auteur-competent
- Les compositions pénales exécutées sont inscrites au bulletin n° 1 du casier judiciaire.
  Source : Article 41-2 du Code de procédure pénale — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048442054
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/rappel-a-la-loi-avertissement-penal-probatoire#app-composition-casier

## FAQ
### Le rappel à la loi existe-t-il encore ?
Non. Il a été supprimé et remplacé, depuis le 1er janvier 2023, par
l'avertissement pénal probatoire. Un rappel à la loi notifié avant cette date
reste dans les archives de la procédure, mais la mesure ne peut plus être
prononcée aujourd'hui.

### L'avertissement pénal probatoire apparaît-il sur mon casier judiciaire ?
Non, ce n'est pas une condamnation : il ne figure sur aucun bulletin du casier
judiciaire. Les faits restent en revanche enregistrés dans le traitement
d'antécédents judiciaires tenu par la police et la gendarmerie, consultable lors
de certaines enquêtes administratives.

### Puis-je refuser un avertissement pénal probatoire ?
Oui. La mesure suppose que vous reconnaissiez votre culpabilité ; vous n'y êtes
pas tenu. Le procureur reprend alors la main sur l'orientation du dossier, ce
qui peut conduire à des poursuites devant le tribunal. Ce choix mérite d'être
discuté avec un avocat avant la convocation.

### Que se passe-t-il si je commets une nouvelle infraction dans les deux ans ?
L'avertissement précise que la décision est revue en cas de nouvelle infraction
dans ce délai, ramené à un an en matière contraventionnelle. Le procureur peut
alors reprendre le dossier initial et engager des poursuites sur les premiers
faits, en plus de ceux qui viennent d'être commis.

### Puis-je venir avec un avocat devant le délégué du procureur ?
Oui, vous pouvez être assisté. C'est particulièrement indiqué lorsque vous
contestez une partie des faits, lorsque la qualification retenue vous paraît
excessive, ou lorsqu'une victime réclame une indemnisation dont le montant est
discuté.

<WhenToLawyer>
Le point sensible n'est pas la convocation, c'est la reconnaissance de
culpabilité qu'elle suppose. Un avocat vérifie ce que dit réellement la
procédure, mesure ce que la qualification retenue emporte au-delà du pénal
(assurance, employeur, titre de séjour, agrément), et vous aide à choisir entre
accepter la mesure et laisser le dossier suivre son cours. Cet examen se fait
avant le rendez-vous, pas après la signature du procès-verbal.
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## À propos de l'auteur
Maître David Fridman — Avocat associé fondateur du cabinet JBF Avocats, Maître David Fridman intervient en droit pénal et en droit des affaires.

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