# Sursis probatoire : obligations, suivi et révocation
## Ce que recouvre l'ancien sursis avec mise à l'épreuve : durée du délai de probation, mesures de contrôle, obligations particulières, et rôle du SPIP et du juge de l'application des peines.

> Le sursis probatoire suspend l'exécution d'une peine d'emprisonnement, à condition de respecter des mesures de contrôle et des obligations pendant un délai de probation d'un à trois ans.

**Source canonique :** https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire
**Auteur :** Maître David Fridman — Avocat associé — fondateur, Barreau de Paris
**Publié :** 2026-10-09T00:00:00.000Z
**Droit en vigueur au :** 2026-09-23T00:00:00.000Z
**Lecture :** 6 min

Le sursis probatoire est une peine d'emprisonnement dont l'exécution est
suspendue, à la condition que le condamné respecte pendant un délai de
probation des mesures de contrôle et, le plus souvent, des obligations
particulières. Il a remplacé le sursis avec mise à l'épreuve en 2020. En cas de
manquement ou de nouvelle infraction, la peine suspendue peut être mise à
exécution.

Une convocation du service pénitentiaire d'insertion et de probation n'est pas
une formalité : ne pas s'y rendre est un manquement aux mesures de contrôle, et
c'est l'un des premiers motifs de saisine du juge de l'application des peines.

 Qu'est-ce que le sursis probatoire ?

L' permet à la juridiction qui prononce un
emprisonnement d'ordonner qu'il sera sursis à son exécution, la personne
condamnée étant placée sous le régime de la probation. La peine existe, elle
est inscrite au casier judiciaire, mais elle n'est pas exécutée tant que les
conditions fixées sont tenues.

Depuis la réforme entrée en vigueur le 24 mars 2020, cette mesure a absorbé
l'ancien sursis avec mise à l'épreuve et l'ancienne contrainte pénale. Les
décisions antérieures continuent de produire leurs effets sous leur régime
d'origine, ce qui explique que les deux vocabulaires coexistent encore dans les
courriers et les convocations.

 Quelles peines peuvent être assorties d'un sursis probatoire ?

L' réserve le sursis probatoire aux condamnations à
l'emprisonnement d'une durée de cinq ans au plus, portée à dix ans en
état de récidive légale. La probation ne commence à courir qu'à partir du jour où
la condamnation devient exécutoire, sauf si l'exécution provisoire a été
ordonnée.

Le sursis probatoire est applicable aux condamnations à l'emprisonnement
prononcées pour une durée de cinq ans au plus ; en état de récidive légale, il
l'est aux peines de dix ans au plus.

La juridiction fixe elle-même la durée du délai de probation, qui ne peut être
inférieure à douze mois ni supérieure à trois ans, portée à cinq ans en récidive
légale et à sept ans en cas de nouvelle récidive article 132-42 du Code pénal.
Le sursis peut aussi n'être que partiel : une part de la peine reste ferme,
le reste étant assorti de la probation.

 Mesures de contrôle et obligations particulières : quelle différence ?

Les mesures de contrôle s'appliquent à tout condamné placé sous probation,
sans que le tribunal ait besoin de les prononcer. L'
en dresse la liste : répondre aux convocations, recevoir les visites du service
pénitentiaire d'insertion et de probation SPIP, signaler ses changements
d'emploi ou de résidence, obtenir une autorisation préalable pour certains
changements, informer le juge de tout déplacement à l'étranger.

Le condamné doit répondre aux convocations du juge de l'application des peines et
du service pénitentiaire d'insertion et de probation, recevoir ses visites et
l'informer de ses changements d'emploi ou de résidence.

Les obligations particulières, elles, sont choisies au cas par cas dans la
liste de l' : exercer une activité professionnelle
ou suivre une formation, établir sa résidence en un lieu déterminé, se soumettre
à des soins, contribuer aux charges familiales, indemniser la victime, ne pas
paraître en certains lieux, ne pas entrer en contact avec certaines personnes. En
matière de violences au sein du couple, l'éloignement du domicile figure parmi
ces obligations.

La juridiction de condamnation ou le juge de l'application des peines peut
imposer des obligations particulières, comme exercer une activité
professionnelle, établir sa résidence en un lieu déterminé ou se soumettre à des
soins.

 Qui contrôle le respect des obligations ?

Deux acteurs, aux rôles distincts. Le SPIP assure le suivi au quotidien :
entretiens réguliers, vérification des justificatifs d'emploi, de formation ou de
soins, accompagnement vers les dispositifs d'insertion. Il rend compte au
magistrat.

Le juge de l'application des peines décide : il peut modifier, supprimer ou
ajouter des obligations en cours de probation, et c'est lui qui est saisi des
manquements. Les convocations de ces deux interlocuteurs n'ont pas le même objet,
mais l'absence à l'une comme à l'autre est un manquement.

 Sursis simple, sursis probatoire, travail d'intérêt général

|  | Sursis simple | Sursis probatoire | Travail d'intérêt général |
|---|---|---|---|
| Nature | Emprisonnement dont l'exécution est suspendue | Emprisonnement suspendu, assorti d'un suivi | Peine de travail non rémunéré |
| Suivi imposé | Aucun | SPIP et juge de l'application des peines | Contrôle du juge pendant l'exécution |
| Obligations | Aucune | Mesures de contrôle et obligations particulières | Effectuer le travail dans le délai fixé |
| Durée de référence | 5 ans sans nouvelle condamnation art. 132-35 CP | Délai de probation de 12 mois à 3 ans | 20 à 400 heures art. 131-8 CP |
| Refus possible | Non | Non | Oui, si le prévenu est présent à l'audience |
| Risque en cas d'échec | Révocation du sursis | Révocation, totale ou partielle | Poursuites distinctes pour inexécution |

 Qu'est-ce qui déclenche la révocation ?

Deux causes, deux autorités. La première est le manquement aux mesures de
contrôle ou aux obligations : rendez-vous non honorés, soins interrompus,
déménagement non déclaré, indemnisation jamais engagée. L'
permet alors au juge de l'application des peines de révoquer le sursis.

Le sursis probatoire peut être révoqué par le juge de l'application des peines
lorsque le condamné n'a pas satisfait aux mesures de contrôle et aux obligations
particulières qui lui étaient imposées.

La seconde est la commission d'une nouvelle infraction pendant le délai de
probation. Si elle donne lieu à une condamnation à une peine privative de liberté
sans sursis, la juridiction qui statue peut, après avis du juge de l'application
des peines, révoquer tout ou partie des sursis antérieurement accordés
.

Si le condamné commet, au cours du délai de probation, un crime ou un délit de
droit commun suivi d'une condamnation à une peine privative de liberté sans
sursis, la juridiction peut révoquer tout ou partie du sursis.

La révocation n'est jamais automatique et peut n'être que partielle : le juge
détermine la fraction de l'emprisonnement mise à exécution. Cette peine s'ajoute
alors à celle éventuellement prononcée pour les faits nouveaux.

 FAQ

 Le sursis probatoire, est-ce la même chose que le sursis avec mise à l'épreuve ?

C'est son successeur. Depuis le 24 mars 2020, le sursis probatoire a remplacé le
sursis avec mise à l'épreuve et la contrainte pénale. Les mesures prononcées
avant cette date continuent de s'exécuter selon les règles en vigueur au moment
de la condamnation.

 Combien de temps dure un sursis probatoire ?

Le délai de probation est fixé par la juridiction, entre douze mois et trois ans.
Il peut atteindre cinq ans en état de récidive légale et sept ans en cas de
nouvelle récidive article 132-42 du Code pénal.

 Que se passe-t-il si je rate un rendez-vous avec le SPIP ?

Un rendez-vous manqué est un manquement aux mesures de contrôle. Le service en
informe le juge de l'application des peines, qui peut convoquer le condamné,
rappeler ses obligations, ou engager une procédure pouvant conduire à la
révocation du sursis.

 Une révocation signifie-t-elle forcément la prison ?

La révocation met à exécution tout ou partie de la peine d'emprisonnement qui
était suspendue. Selon le quantum restant, un aménagement de peine peut être
demandé au juge de l'application des peines, mais la peine devient exécutoire.

 Les obligations peuvent-elles être modifiées en cours de probation ?

Oui. Le juge de l'application des peines peut ajouter, modifier ou supprimer des
obligations pendant le délai de probation, par exemple lorsque la situation
professionnelle, médicale ou familiale du condamné évolue.

Deux moments comptent. Avant le jugement, la teneur des obligations se discute :
une obligation de soins mal calibrée ou une interdiction de paraître
incompatible avec un emploi devient un manquement annoncé. Après, en cas de
convocation devant le juge de l'application des peines pour manquement, la
défense consiste à documenter les causes du retard et à présenter un projet
crédible — l'avocat peut assister le condamné à ce débat contradictoire, dont
dépend la mise à exécution de la peine.

## Textes de référence
- Article 132-40 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313559 (Définition du sursis probatoire et placement sous le régime de la probation.)
- Article 132-41 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313553 (Peines susceptibles d'être assorties d'un sursis probatoire (5 ans, 10 ans en récidive).)
- Article 132-44 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313537 (Mesures de contrôle auxquelles tout condamné sous probation est soumis.)
- Article 132-45 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049571571 (Liste des obligations particulières pouvant être imposées au condamné.)
- Article 132-47 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313506 (Révocation par le juge de l'application des peines en cas de manquement.)
- Article 132-48 du Code pénal — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313500 (Révocation par la juridiction de jugement en cas de nouvelle infraction.)

## Données factuelles citables
- Le sursis probatoire est applicable aux condamnations à l'emprisonnement prononcées pour une durée de cinq ans au plus ; en état de récidive légale, il l'est aux peines de dix ans au plus.
  Source : Article 132-41 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313553
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire#sp-peines-concernees
- Le condamné doit répondre aux convocations du juge de l'application des peines et du service pénitentiaire d'insertion et de probation, recevoir ses visites et l'informer de ses changements d'emploi ou de résidence.
  Source : Article 132-44 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313537
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire#sp-mesures-controle
- La juridiction de condamnation ou le juge de l'application des peines peut imposer des obligations particulières, comme exercer une activité professionnelle, établir sa résidence en un lieu déterminé ou se soumettre à des soins.
  Source : Article 132-45 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049571571
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire#sp-obligations-particulieres
- Le sursis probatoire peut être révoqué par le juge de l'application des peines lorsque le condamné n'a pas satisfait aux mesures de contrôle et aux obligations particulières qui lui étaient imposées.
  Source : Article 132-47 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313506
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire#sp-revocation-manquement
- Si le condamné commet, au cours du délai de probation, un crime ou un délit de droit commun suivi d'une condamnation à une peine privative de liberté sans sursis, la juridiction peut révoquer tout ou partie du sursis.
  Source : Article 132-48 du Code pénal — Légifrance — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038313500
  Ancrage : https://jbfavocats.fr/blog/sursis-probatoire#sp-revocation-nouvelle-infraction

## FAQ
### Le sursis probatoire, est-ce la même chose que le sursis avec mise à l'épreuve ?
C'est son successeur. Depuis le 24 mars 2020, le sursis probatoire a remplacé le
sursis avec mise à l'épreuve et la contrainte pénale. Les mesures prononcées
avant cette date continuent de s'exécuter selon les règles en vigueur au moment
de la condamnation.

### Combien de temps dure un sursis probatoire ?
Le délai de probation est fixé par la juridiction, entre douze mois et trois ans.
Il peut atteindre cinq ans en état de récidive légale et sept ans en cas de
nouvelle récidive (article 132-42 du Code pénal).

### Que se passe-t-il si je rate un rendez-vous avec le SPIP ?
Un rendez-vous manqué est un manquement aux mesures de contrôle. Le service en
informe le juge de l'application des peines, qui peut convoquer le condamné,
rappeler ses obligations, ou engager une procédure pouvant conduire à la
révocation du sursis.

### Une révocation signifie-t-elle forcément la prison ?
La révocation met à exécution tout ou partie de la peine d'emprisonnement qui
était suspendue. Selon le quantum restant, un aménagement de peine peut être
demandé au juge de l'application des peines, mais la peine devient exécutoire.

### Les obligations peuvent-elles être modifiées en cours de probation ?
Oui. Le juge de l'application des peines peut ajouter, modifier ou supprimer des
obligations pendant le délai de probation, par exemple lorsque la situation
professionnelle, médicale ou familiale du condamné évolue.

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Deux moments comptent. Avant le jugement, la teneur des obligations se discute :
une obligation de soins mal calibrée ou une interdiction de paraître
incompatible avec un emploi devient un manquement annoncé. Après, en cas de
convocation devant le juge de l'application des peines pour manquement, la
défense consiste à documenter les causes du retard et à présenter un projet
crédible — l'avocat peut assister le condamné à ce débat contradictoire, dont
dépend la mise à exécution de la peine.
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  title="Un sursis probatoire à préparer ou une convocation du juge de l'application des peines ?"
  subtext="Prenez rendez-vous pour examiner vos obligations et la suite de la procédure."
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## Lectures complémentaires
- [Mandat de dépôt à l'audience : l'incarcération décidée le jour même](https://jbfavocats.fr/blog/mandat-de-depot-a-l-audience)
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## À propos de l'auteur
Maître David Fridman — Avocat associé fondateur du cabinet JBF Avocats, Maître David Fridman intervient en droit pénal et en droit des affaires.

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