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Garde des enfants en cas de violences conjugales

Comment le juge décide de la résidence et du droit de visite lorsqu'il existe des violences dans le couple, et quelles protections la loi prévoit.

Droit en vigueur au 17 juillet 2026

En présence de violences dans le couple, la loi impose au juge de tenir compte de ces violences pour fixer la garde. Selon leur gravité : résidence chez le parent protecteur, droit de visite encadré (tiers, espace de rencontre) ou suspendu, voire autorité parentale suspendue de plein droit si l'autre parent est poursuivi pour un crime commis sur lui ou sur l'enfant. Le fil conducteur reste l'intérêt de l'enfant.

Les violences conjugales influencent-elles la garde des enfants ?

Oui, et c'est inscrit dans la loi. Les violences entre parents ne sont pas un simple élément de contexte : elles font partie des critères que le juge doit examiner pour fixer les modalités d'exercice de l'autorité parentale (Article 373-2-11 du Code civil).

Lorsqu'il se prononce sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale, le juge prend notamment en considération les pressions ou violences, à caractère physique ou psychologique, exercées par l'un des parents sur la personne de l'autre.

Article 373-2-11 du Code civil — Légifrance

Autrement dit, un parent victime n'a pas à démontrer que les violences visaient directement l'enfant : les violences subies au sein du couple pèsent, par elles-mêmes, sur la décision.

Le parent violent peut-il perdre son droit de visite ?

Le droit de visite n'est pas absolu. Il peut être refusé pour motif grave, et le juge dispose de solutions intermédiaires pour maintenir un lien tout en protégeant l'enfant (Article 373-2-1 du Code civil).

L'exercice du droit de visite et d'hébergement ne peut être refusé à l'autre parent que pour des motifs graves ; le juge peut organiser ce droit dans un espace de rencontre désigné à cet effet.

Article 373-2-1 du Code civil — Légifrance

Entre le droit de visite libre et la suppression totale, il existe donc une gradation :

  • remise de l'enfant par l'intermédiaire d'un tiers de confiance ;
  • visite dans un espace de rencontre encadré par des professionnels ;
  • droit de visite médiatisé.

Ces dispositifs permettent d'éviter le contact direct entre les parents lorsqu'il présente un danger.

Que peut décider le juge dans l'urgence ?

Sans attendre le divorce ni le jugement pénal, le juge aux affaires familiales peut, dans le cadre d'une ordonnance de protection, statuer immédiatement sur les enfants (Article 515-11 du Code civil).

Dans l'ordonnance de protection, le juge aux affaires familiales est compétent pour statuer sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale et sur le droit de visite et d'hébergement.

Article 515-11 du Code civil — Légifrance

Une poursuite pénale suspend-elle l'autorité parentale ?

Dans les cas les plus graves, la loi n'attend pas la décision du juge : la suspension est automatique dès la poursuite pour un crime commis sur l'autre parent ou sur l'enfant (Article 378-2 du Code civil).

L'exercice de l'autorité parentale et des droits de visite du parent poursuivi pour un crime commis sur l'autre parent ou sur son enfant est suspendu de plein droit jusqu'à la décision du juge.

Article 378-2 du Code civil — Légifrance

Quelles mesures selon la gravité ?

Les réponses possibles du juge
Des violences dans le couple sont constatées
  • Résidence chez le parent protecteurL'enfant vit principalement chez le parent victime ; l'autre garde un droit de visite.
  • Droit de visite encadréRemise par un tiers ou visite en espace de rencontre médiatisé, pour éviter le contact direct.
  • Suspension du droit de visiteEn cas de motif grave, le droit de visite peut être suspendu temporairement.
  • Poursuite pour crime sur un procheL'autorité parentale et les droits de visite sont suspendus de plein droit.

FAQ

Le juge peut-il tenir compte de violences qui ne visaient pas l'enfant ?

Oui. La loi impose de prendre en compte les violences exercées par un parent sur l'autre, même sans violence directe envers l'enfant (article 373-2-11 du Code civil). Ces violences pèsent sur la fixation de la résidence et du droit de visite.

Qu'est-ce qu'un espace de rencontre médiatisé ?

C'est un lieu encadré par des professionnels où le parent exerce son droit de visite en présence de tiers. Il permet de maintenir un lien parent-enfant tout en évitant un contact direct jugé risqué entre les parents.

Un parent violent perd-il toujours l'autorité parentale ?

Non. La suspension de plein droit vise les cas de poursuite pour crime sur l'autre parent ou sur l'enfant. Dans les autres situations, le juge apprécie au cas par cas et privilégie souvent l'encadrement plutôt que le retrait.

Faut-il attendre le divorce pour régler la garde ?

Non. L'ordonnance de protection permet au juge aux affaires familiales de statuer en urgence sur la résidence et le droit de visite, indépendamment de la procédure de divorce et du pénal.

Faits juridiques citables

  • Lorsqu'il se prononce sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale, le juge prend notamment en considération les pressions ou violences, à caractère physique ou psychologique, exercées par l'un des parents sur la personne de l'autre. Article 373-2-11 du Code civil — Légifrance
  • L'exercice du droit de visite et d'hébergement ne peut être refusé à l'autre parent que pour des motifs graves ; le juge peut organiser ce droit dans un espace de rencontre désigné à cet effet. Article 373-2-1 du Code civil — Légifrance
  • Dans l'ordonnance de protection, le juge aux affaires familiales est compétent pour statuer sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale et sur le droit de visite et d'hébergement. Article 515-11 du Code civil — Légifrance
  • L'exercice de l'autorité parentale et des droits de visite du parent poursuivi pour un crime commis sur l'autre parent ou sur son enfant est suspendu de plein droit jusqu'à la décision du juge. Article 378-2 du Code civil — Légifrance
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